[24] automne 2017
Pardon pour l’Amérique
[24] pages 3-7

Le Sud profond des États-Unis. J’ai parcouru ce territoire en voiture,du 1er octobre 2016 au 1er avril 2017 pour ­rencontrer des individus emprisonnés à tort, puis innocentés et remis en liberté. Allant d’une prison à l’autre, d’un motel à l’autre, j’ai été amené à côtoyer les travailleurs des champs, en provenance d’Amérique centrale, cueilleurs de tomates et prisonniers à ciel ouvert, subissant des conditions de vie proches de l’esclavage. Le présent reportage, partie d’un texte plus vaste en cours d’écriture à la Fondation Jan Michalski, témoigne en faveur de ces captifs, de ces Innocents.
Philippe Rahmy
Nocturne de la photographie
[24] pages 8-17

Après Lausanne et La Chaux-de-Fonds, Genève lance sa nuit de la photographie, qu’elle préfère appeler nocturne. Ce qui permet un titre tout en provocation, No’Photo. Mais des images, il y en aura. Elles défileront sur de grands écrans dans une poignée de lieux en centre-ville, et s’exposeront en plein air ou dans les musées, ­largement signées par des photographes de Genève. Car, à la manière de la Fête de la musique, c’est avant tout un potentiel local qui est ici valorisé. Partenaire de la manifestation, La Couleur des jours a tracé dans ce programme un parcours possible. Qu’elle a voulu très humain.
Élisabeth Chardon
Entre ici et jadis
[24] pages 18-19

Une pièce doit avoir conscience du passage du temps humain. Autrement elle risque de devenir inanimée. Ou, plus précisément, son silence risque de devenir inanimé. Mon rituel, tendre les mains vers l’horloge au-dessus de ma tête, revient à poser un bol d’eau par terre pour qu’un silence s’y abreuve. Les silences assoiffés sont dévastateurs. (…)
> Comprendre une photographie (Éditions Héros-Limite)
John Berger
Le coffret des ambitions photographiques
[24] pages 21-23

Le Prix Élysée a été créé en 2014. Il a acquis pour sa deuxième édition une reconnaissance internationale spectaculaire. Si cette année huit personnes aux projets d’une diversité réjouissante ont été nominées, ce sont 440 photographes de 69 nationalités établis dans 225 villes du monde qui ont fait acte de candidature.
Jean Perret
Rentrée des classes
[24] page 25

Au moment où les petits Français passent leur après-midi de congé devant Les Visiteurs du mercredi, les petits Suisses vont à l’école. Le jeudi, c’est le contraire, sauf qu’à la télévision suisse, il n’y a rien. Ce jeudi en particulier, il n’y a rien puissance rien. Le frère de Mathilde lit Bob Morane dans sa chambre, sa mère doit être au séjour ou à la cuisine. Combien d’heures faut-il attendre avant Les Mystères de l’Ouest? (…)
> Rentrée des classes (Éditions art&fiction)
Laurence Boissier
Manifeste incertain 6
[24] pages 26-29

Chaque jour dépose en nous sa marée de crimes, de catastrophes – spectacle banal et fatal, procession muette de cadavres et de désespérés. Les guerres ne s’éteignent pas. Ni la haine ni la rancœur ne s’adoucissent. À toute heure, le monde gémit et nous gémissons en lui. Il n’y a pas de mesure dans la quantité de sa détresse. Je ne connais pas la guerre, je ne sais rien des états de siège, des bombardements, des carnages. J’en ai été épargné. Mais le malheur ne se limite pas aux guerres. Il fait feu de tout bois, s’insinue en nous, physiquement, psychiquement. Même sans cicatrices, nous avons mal. Serions-nous trop délicats? (…)
> Manifeste incertain 6 (Noir sur Blanc)
Frédéric Pajak
Erratiques
[24] pages 30-31

Il y a
le béton des habitations
les cailloux dans le béton
des façades
pour qu’elles soient belles
les façades
et la pelouse devant le béton
pour qu’ils soient beaux
les enfants du béton
des façades
et
sur la pelouse
les
blocs erratiques
cailloux géants
roulés par des glaciers
oubliés délaissés quand
les glaciers se sont retirés
(…)
> Erratiques (L’Arche)
Wolfram Höll, Jérôme Stettler
Le cinéaste qui aimait les acteurs
[24] pages 34-35

La Cinémathèque suisse et le Musée de l’Élysée se sont associés à la Cinémathèque française pour présenter l’œuvre du cinéaste américain Gus Van Sant, créateur multiple dont on connaît mieux les créations cinématographiques que son passionnant travail de photographe, romancier, poète ou peintre. La découverte de ses portraits polaroïd, notamment, permet de comprendre combien cet auteur aime ses acteurs, leur confiant souvent une part de création majeure dans ses œuvres. 
Frédéric Maire
Aparté: l’art en dialogues
[24] pages 37-42

Créée en 2007, l’association Aparté veut aider à la promotion d’artistes «émergents». Tous les deux ans, elle lance le concours Picker et confie à une personnalité du monde de l’art – critique, commissaire d’exposition, directeur d’institution – le soin de désigner une lauréate ou un lauréat afin d’éditer sa première monographie d’artiste, le premier ouvrage conçu autour de son travail. Les dix ans d’Aparté offrent l’occasion de réunir dans ces pages les points de vue des artistes et curateurs qui ont participé jusqu’ici à l’aventure.
Hélène Mariéthoz
Le spectacle de la Révolution
[24] pages 44-47

L’image monumentale et immuable que présentent les fêtes soviétiques de la Révolution, avec leurs rituels bien rodés, leurs défilés réglés au centimètre et à la seconde près, leurs banderoles et drapeaux semblant sortir d’une chaîne industrielle, résulte de multiples transformations dont l’essentiel se déroula dans les années 1920, décennie riche en expérimentations et alternatives dans toutes les sphères de la vie soviétique.
> Le spectacle de la Révolution (Antipodes)
Jean-François Fayet, Emilia Koustova
 
Chronique
Jean-Louis Boissier, Karelle Menine
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