[8] automne 2013
L’Afrique d’une toubab
[8] pages 3-7

Il n’y a que les montagnes qui ne se croisent pas, dit un proverbe africain, et c’est vrai: le Sénégal est un pays de rencontres.
Laura Mottaz Rubio
Le massacre du 11e parallèle
[8] pages 8-9

«Fainéant et fourbe, l’Indien est bon à tuer» (sentence colonisatrice brésilienne de l’époque). Cinquante ans se sont écoulés depuis l’historique massacre dont furent victimes les habitants d’un campement Cinta Larga, Indiens dits à ceinture large, en Amazonie brésilienne, dans l’État de Rondônia, voisin du Mato Grosso.
René Fuerst
Le périple de Çekdar Mike Brant
[8] pages 10-11

Syrie, Turquie, Grèce, Italie, Suisse. Le voyage de Çekdar est presque banal. Il ressemble à s’y méprendre à celui de tant de migrants. Une aventure faite de dangers, d’enfermements, à la recherche d’une promesse ou d’un paysage. Mais il arrive aussi que l’aventure commence ici, en Suisse.
Philippe Constantin
Les passeurs d’Istanbul
[8] pages 13-17

Pendant plus d’une année, l’écrivaine Irene van der Linde et la photographe Nicole Segers ont navigué sur les ferries d’Istanbul, d’une rive à l’autre du Bosphore. Au fil des rencontres, qui s’approfondissent mois après mois, la Turquie d’aujourd’hui se dessine, comme une agrafe entre l’Europe et le Moyen-Orient, complexe, violente, attachante.
> Les passeurs d’Istanbul (Éditions Noir sur Blanc)
Nicole Segers, Irene van der Linde
Dévorer les pages
[8] pages 18-19

Soudain tu sens. Le coup de foudre. Et il n’y a pas d’explications. «Je considère la découverte d’un auteur comme l’événement le plus décisif du développement.»
– Une fois que tu as trouvé ce que tu aimes, tu le sais. Par instinct.
Et une fois reposé le livre, une fois fermé, debout parmi les autres, le dos tourné, tu le reconnais, des années plus tard, comme un ami dans la foule.
> Dévorer les livres (Éditions d’autre part)
Corinne Desarzens, Jérôme Stettler
 
L’été sans fin de Peter Kurzeck
[8] page 21

À l’origine d’Un été sans fin – la traduction littérale de Mein Bahnhofsviertel serait «Mon quartier de la gare» – se trouve la commande d’un mensuel ­alternatif de Francfort né dans la mouvance de Mai 68, le Pflasterstrand, dont le principal inspirateur était un certain Daniel Cohn-Bendit.
> Peter Kurzeck, Un été sans fin (Éditions diaphanes)
Cécile Wajsbrot
 
Le tapis de course
[8] page 22

Au total, la grande bibliothèque comptabilise 147 employés, des nettoyeuses jusqu’au directeur. S’il y a plusieurs personnes avec lesquelles j’accepte de partager rapidement un café, parce qu’elles apprécient mes pointes sardoniques, mon savoir ou mes sous-entendus sur la plupart des collègues, parce qu’elles me permettent de dire ce que j’ai à dire, il n’y a que Bernard et Yannis que je fréquente avec contentement. Il arrive même que nous nous retrouvions en dehors de la grande bibliothèque.
> Le tapis de course (Éditions Zoé)
Michel Layaz
Les bâtisseurs
[8] pages 23-27

Marcel Schmitz dessine et peint des architectures. Pas des maisons, des rues entières, des silhouettes de gratte-ciel colorés qui se superposent, maillages de fenêtres par centaines, par milliers. Depuis 2011, il s’est aussi lancé dans la construction d’une ville qu’il a baptisée Fran Disco.

Mario del Curto a photographié les «anarchitectures» de Richard Greaves au fil des ans, au fil des saisons aussi. En noir et blanc, saisissant les contrastes de lumières, s’appropriant les effets de déséquilibre, ses images donnent le vertige d’une visite dans cet univers situé dans la Beauce québécoise.
Marcel Schmitz, Mario del Curto
Le globe et l’horizon
[8] pages 29-31

Cette année, l’anniversaire qui me tient le plus à cœur est clairement celui de Denis Diderot, né à Langres le 5 octobre 1713. Parce que Jacques le fataliste reste ma lecture universitaire la plus joyeuse, parce que j’ai découvert avec Diderot la saveur de la critique d’art, parce que, de livre en livre, il m’a convenu de «voltiger», de digresser avec lui. Parce que j’ai toujours aimé les dictionnaires et les encyclopédies, qui sont pour moi d’infinis territoires de digressions, sur le Net comme sur papier, et que Diderot a magistralement participé à leur histoire. Souvenirs.

Contributions de Marc Atallah et Luc Schuiten

Élisabeth Chardon
Parce que les filles fleurissent à l’ombre
[8] pages 35-39

Plongée dans l’archive améthyste d’un Hector impardonnable, inconsolable et tant aimé.
Donatella Bernardi
«Oui, je peux passer quatre ans de ma vie pour faire un portrait»
[8] pages 40-41

C’est tout un territoire, Douchy-les-Mines, qui est arpenté et regardé par Marc Pataut. Il y passe quatre années, entre 2008 et 2011. Aucune précipitation n’est de mise, qui empêcherait de voir ce qui en fait un lieu unique et tout à la fois universel. De quelles histoires d’hommes et de femmes, de quelle histoire sociale, économique, de quelles beautés et laideurs, de quelle mémoire et de quel avenir est donc façonné ce lieu-là?
Jean Perret
L’œil de la modernité
[8] pages 42-43

Paillard-Bolex, ce sont des caméras et projecteurs 16 mm puis 8 mm vendus dans le monde entier dès les années 1930. En 2004, dans les villes-même qui ont vu naître et vivre cette aventure industrielle et culturelle, Yverdon-les-Bains et Sainte-Croix, une exposition retraçait l’histoire de ces objets de légende. Thomas Perret et Roland Cosandey en donnent aujourd’hui un prolongement avec la parution d’un ouvrage multimedia. Ils y déploient l’histoire de Paillard-Bolex et celle de Jacques Boolsky, inventeur et cinéaste. Nous avons sélectionné quelques images du livre qui disent la modernité de cette entreprise.
 
Chronique
Jean-Louis Boissier, Mathieu Menghini
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